Et voilà, comme prévu la loi HADOPI est passée. Fallait s'y attendre, le Roi l'avait demandé, et vu qu'on est dans une dictacratie où on demande quelque chose jusqu'à ce qu'on aie la réponse qu'on
voulait, ben voilà... Remarque, sans vouloir faire de post plus politique que nécessaire, quand on voit que "l'opposition" se contente de ne pas voter, c'est pas bien difficile de faire ce qu'on
veut non plus... Bref, remercions donc bien chaleureusement, comme il se doigt, pardon, se doit, tous ceux qui, par leur inactivité, ou pire, par incompréhension totale du sujet, ont voté cette loi
qui nous fait sauter directement dans "1984".
Au menu du jour :
- Flicage permanent, via un "logiciel de contrôle", payant (évidemment !), qu'il sera nécessaire d'avoir au cas où quelqu'un déciderait que vous êtes dans l'illégalité puisqu'il permettra (en
théorie du moins) de prouver votre bonne foi. En passant, personne ne sait ce qu'il surveillera, on sait juste que ça sera payant. On fournit nous-même la vaseline, cool non ?
- Interopérabilité nulle. Le spyware en question ne fonctionne que sous Windows. Utilisateurs de Mac ou Linux, on a des cellules de prison toutes prêtes ! Ou alors payez-vous Windows... Cynique,
moi ?
- Téléchargement "illégal" et "légal" complètement mélangés : télécharger, par exemple, Ubuntu via Bittorrent, ça sera illégal. Ben oui, qui fait la différence entre un fichier torrent acceptable
et un illégal ? Personne, on est d'accord. De toute façon, comme je viens de le dire, faut payer Windows sinon le spyware pourra pas être installé, bouh bou bouh vilains citoyens...
- Double, voire triple peine pour les plus chanceux : la peine existante n'est pas remplacée, mais on y rajoute une couche HADOPIre, avec coupure de l'accès Internet QU'IL FAUDRA CONTINUER DE
PAYER. Genre un retrait de permis, tu continues à acheter de l'essence.
- Effets nuls. Aucun artiste ne va gagner plus. La création n'est pas mieux protégée. Par contre les distributeurs pensent gagner plus, et c'est là la grosse différence, puisque pour un CD ou un
DVD, le pourcentage gagné par les artistes est juste ridicule. Aussi ridicule que le prix de vente, avec des marges énormes par rapport au coût de revient réel du produit. En période de crise, et
même avant, c'est du grand n'importe quoi.
- Effets pervers. Et je fais même pas exprès, mais c'est un mot super bien placé. Ben oui, les vrais gros pirates, les vraies grosses activités illégales, les vrais pourris, eux ont déjà trouvé la
parade (qui existe déjà, c'est dire si on a des gens qui votent des lois utiles !), et donc ne seront sûrement pas inquiétés. Les terrorristes et les pédophiles, donc, continuez les gars, personne
vous fera chier. En plus, vu que tout le monde va chercher à devenir anonyme sur le Net, ça vous donnera une couverture nuageuse géniale, non vraiment on pense à vous...
- Effets inverse. Ben oui, maintenant, un téléchargeur illégal va, en plus, pirater le wifi du voisin, voisin qui va donc pouvoir se retrouver condamné s'il n'a pas sécurisé (hem...) son accès, et
surtout installé le spyware payant. Et oui, t'es honnête mon gars, ben prouve-le. Présomption d'innocence ? Non, maintenant, présomption de culpabilité. Et tu rends des comptes à une instance qui
n'a rien de judiciaire hein, HADOPI n'est qu'administratif, mais ils sont juge et partie, alors déjà que contester un PV c'est parfois la lutte, j'imagine même pas le bordel pour HADOPI...
Non, vraiment, c'est sympa comme vision du monde, tous les Internautes sont considérés comme suspects potentiels (les victimes, dans l'histoire ? Boah, elles ont sûrement quelque chose à se
reprocher de toute façon...), et qui sait si, dans leur spyware de merde, on va filtrer les fichiers qui passent, ou les mots aussi... Ca se trouve, y'a des mots de cet article qui pourraient
m'envoyer en taule... Remarque, ça pourrait être pire, j'aurais pu en plus être employé à TF1 et perdre mon boulot pour avoir osé avoir une opinion à moi... Non, vraiment, c'est magnifique de voir
ce joli payé (oups, pays, le lapsus m'habite) de droit... Enfin, où on n'a plus qu'un droit, je veux dire... Celui de fermer sa gueule.